Il y à 50 ans : la nationalisation du canal

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Il y à 50 ans : la nationalisation du canal

Message  Imad Eddin AL-HAMADANI le Mar 29 Déc - 8:47

il y à 50 ans, en pleine guerre d'Algerie, Gamal Abdel Nasser nationalisait le canal de Suez et indirectement c'est à cause de cet evenement que la France accéléra ses travaux pour se doter de la bombe
source : le figaro

Il y a 50 ans, Nasser nationalisait le canal de Suez
Olivier Bonnel .
Publié le 26 juillet 2006
Actualisé le 26 juillet 2006 : 09h07

Passage stratégique entre Méditerranée et mer Rouge, le canal joue aujourd'hui un rôle clé pour l'économie égyptienne.


L'ÉCLAT de rire de Gamal Abdel Nasser retentira encore longtemps dans les mémoires égyptiennes et occidentales. Nous sommes le 26 juillet 1956. Devant la foule amassée sur la place principale d'Alexandrie, le raïs égyptien annonce la nationalisation du canal de Suez. «Aujourd'hui, au nom du peuple, je prends le canal. Ce soir, le canal sera égyptien, dirigé par des Égyptiens !» lance le bouillant colonel, répondant d'un rire narquois à l'exultation de la foule.

Son rire fait le tour du monde et glace le sang des Occidentaux. Pour Nasser, faire revenir le canal de Suez dans le giron égyptien est une affaire d'honneur, un coup de force qui doit consolider la voix de l'Égypte dans le concert des nations, alors divisées par la guerre froide. Il s'agit surtout de laver l'affront anglo-américain subi une semaine auparavant, à savoir l'annulation du prêt promis à l'Égypte pour financer la construction du haut barrage d'Assouan.

Adel Ezzat se souvient bien de ces heures fiévreuses qui vont donner à l'Égypte et au nationalisme arabe une aura sans précédent. Cet ingénieur de formation travaille à l'époque avec un proche de Nasser, Mahmoud Younès, alors en charge du secteur pétrolier. «Younès est venu me voir le 24 juillet en me disant que Nasser avait l'intention de nationaliser le canal, se souvient Ezzat, il était très nerveux et j'ai senti que quelque chose d'important allait se passer.»

Avec un troisième collègue ingénieur, Abdel Hamid Abou Bakr, Younès et Ezzat sont les seuls à connaître les desseins du président égyptien. «L'opération devait rester ultrasecrète», se souvient-il. La course contre la montre est lancée. «Nous n'avions que 48 heures pour préparer l'opération», raconte Ezzat. Les trois ingénieurs prennent la tête d'un «commando» d'une trentaine d'hommes chargés d'investir les bureaux de la Compagnie du canal, à Suez, Ismaïlia et Port-Saïd. Le 26 juillet, l'opération doit être déclenchée au moment où Nasser prononce le nom de Ferdinand de Lesseps, le père du canal, inauguré en 1869. Le canal est alors administré par la France et sous supervision militaire britannique. Tout se déroule sans effusion de sang. «Notre vraie peur n'était pas dans la réaction des troupes britanniques mais dans l'échec de notre mission. Il fallait savoir si nous, Égyptiens, étions vraiment aptes à gérer le canal», précise Adel Ezzat.

L'Égypte est en liesse et les puissances occidentales sonnées. Quatre mois plus tard, le 29 octobre 1956, la France, la Grande-Bretagne et Israël attaquent l'Égypte pour récupérer le canal. Les troupes franco-britanniques reprennent provisoirement le contrôle de la zone mais Américains et Soviétiques imposent le cessez-le-feu. Les anciennes forces coloniales doivent battre en retraite. «Voir les Israéliens à l'est du canal fut une nouvelle humiliation mais nous savions que désormais, nous avions la main sur le canal», se souvient Adel Ezzat.

Le canal de Suez n'a cessé, depuis, de rester un symbole du nationalisme égyptien. Nasser reste à jamais le zaïm (le chef) adulé de tout un peuple. Ezzat n'a quant à lui jamais vraiment quitté le canal. «L'eau salée du canal coule dans mes veines», aime-t-il rappeler. Il sera président de la Compagnie du canal de 1985 à 1995, lui qui, en 1950, s'y était vu refuser un emploi en raison de son mauvais français.

Troisième source de revenus

Passage incontournable entre Méditerranée et mer Rouge, le canal rapporte une manne essentielle à l'économie égyptienne. L'an dernier, grâce au boom du commerce avec la Chine, près de 3,5 milliards de dollars sont entrés dans les caisses égyptiennes. Suez est devenu la troisième source de revenus après le tourisme et les transferts de fonds des travailleurs égyptiens à l'étranger. Le canal est aussi un passage stratégique en raison des troubles régionaux, l'Égypte ayant laissé transiter les navires de guerre américains en route vers le Golfe, faisant grincer les dents de nombreux Égyptiens. Mais pour la majorité d'entre eux, le canal restera à jamais le symbole de la grandeur de leur pays.
avatar
Imad Eddin AL-HAMADANI
EUROMED 09|10
EUROMED 09|10

Messages : 265
Date d'inscription : 24/12/2009
Age : 34
Localisation : Casablanca

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum