Comment la Stasi alluma Mai 68

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Comment la Stasi alluma Mai 68

Message  Imad Eddin AL-HAMADANI le Mar 29 Déc - 10:16

Jean-Paul Picaper, Valeurs Actuelles le 20-08-2009

L’histoire de l’extrême gauche européenne devrait être revue à la lumière des archives est-allemandes. Exemple: les affaires Kurras et Dutschke.


Faut-il réécrire l’histoire du mouvement étudiant? Le quotidien berlinois à grand tirage B.Z. a posé cette question en rouvrant un dossier douloureux, en partie à l’origine des violences des années 1967-1968 en Allemagne: l’affaire Ohnesorg. Le 2 juin 1967, lors d’une manifestation gauchiste et communiste contre le shah d’Iran, le policier berlinois Karl-Heinz Kurras tuait Benno Ohnesorg,25 ans.Les dirigeants de Berlin-Ouest et de la police portèrent la responsabilité de cette terrible “bavure”.Cette mort radicalisa toute une frange de la jeunesse occidentale.

Qui était Kurras ? Un policier sous influence fasciste, comme ce fut dit à l’époque? Non: Kurras était un agent communiste à la solde de la Stasi. Le service de sécurité de l’ex-Allemagne de l’Est lui avait versé sa dernière grosse prime trois mois avant la mort de l’étudiant. À l’époque, il plaida la légitime défense,affirmant qu’un des émeutiers l’avait menacé d’un couteau.Après un coup de semonce, il aurait tiré une seconde balle,mortelle pour l’étudiant. Cette version des faits lui valut une relaxe pour homicide involontaire, après deux procès.

Bien des questions restaient pourtant sans réponse.Le drame s’était déroulé dans une cour, à l’abri des regards. Kurras était en civil et n’avait pas attiré l’attention. Personne n’avait entendu les deux coups de feu. On ne retrouva aucune douille sur place. Le médecin légiste s’aperçut aussi que la clinique avait retiré le projectile et recousu le cuir chevelu de la victime, comme pour masquer l’emplacement de la blessure.
Faut-il donc refaire le procès? Âgé de 81 ans, Kurras vit toujours, paisible retraité, en compagnie de son épouse, dans un immeuble de Spandau, un quartier de Berlin. Sa santé s’est détériorée récemment.Il ferme sa porte aux journalistes et conteste les papiers de la Stasi qui l’accusent: «Mensonges, des faux… ».

C’est lui qui ment. Deux historiens ont retrouvé son dossier dans les archives de la Stasi : 17 classeurs contenant 6 000 pages authentifiées, autant de pièces à conviction,classées secrètes par la Stasi elle-même pour ses propres collaborateurs. La police secrète de Berlin-Est ne voulait pas être taxée d’assassinats ou de terrorisme.

L’étudiant, tué de sang-froid, à bout portant…

Benno Ohnesorg a bien été “liquidé”, selon la méthode traditionnelle enseignée aux hommes du KGB: une balle dans la nuque.Passionné de tir au revolver, Kurras était champion de tir de la police berlinoise. La balle mortelle ne pouvait qu’être intentionnelle. Il abattit Ohnesorg de sang-froid, presque à bout portant. En tuant l’étudiant, la Stasi voulait faire monter la tension entre les autorités berlinoises et les étudiants,déstabiliser Berlin-Ouest.La mort de Ohnesorg stimula en effet la révolte étudiante. « L’État a montré son vrai visage, le fascisme a jeté son masque », accusèrent les communistes et leurs alliés. Cet assassinat par un “policier fasciste”fut l’un des puissants mythes fondateurs des soixante-huitards. Marqués par l’affaire Kurras, certains choisirent d’entrer en guerre contre les forces de l’ordre et les représentants de l’État et de l’industrie.Mais l’inspecteur Kurras n’était pas fasciste, il était communiste, agent à la solde de la Stasi depuis 1955 et membre secret depuis 1962 du parti communiste est-allemand.

Du fait de la mort d’Ohnesorg, la révolte étudiante bénéficia pour la première fois d’un puissant phénomène de victimisation, qui lui attira des sympathies à l’extérieur de l’université. Dix mois plus tard, le 11 avril 1968, un autre attentat visait Rudi Dutschke, le chef des étudiants gauchistes allemands.

Josef Bachmann, son agresseur, était un jeune chômeur de 22 ans.Il attendit Dutschke à proximité du bureau de son organisation sur le Kurfürstendamm, avec deux revolvers.Quand Dutschke arriva, tenant sa bicyclette, il lui cria : « Sale porc de communiste » et tira trois balles.Touché à la tête, Dutschke survécut de justesse. Il ne se remit jamais complètement de sa très grave blessure qui contribua, dix ans après,à sa mort précoce.

On accusa aussitôt la presse de droite, surtout la Bild Zeitung du groupe d’Axel Springer. On trouva sur Bachmann un exemplaire de la National-Zeitung, un journal situé très à droite.Il eut beau dire qu’il lisait aussi des magazines de gauche, Stern et Spiegel, Bachmann fut déclaré fasciste, comme Kurras.

Le juge d’instruction ne poussa pas trop ses investigations et l’enquête ne fut pas plus sérieuse que pour l’affaire Kurras.Comment et où Bachmann s’était-il procuré ses armes? Qui l’avait persuadé que Dutschke était “le” communisme? En fouillant dans le passé de Bachmann, on aurait appris que son oncle, le seul être qui l’ait vraiment aimé,avait été emprisonné par la Stasi dans les années 1950. Qui l’avait encouragé à venger son oncle en tirant sur Dutschke?

On a toujours dit que Bachmann n’avait pas visé Dutschke en particulier mais, à travers lui, le communisme. Le plan aurait été bien monté et diabolique. Seule la Stasi connaissait son drame familial. Elle avait aussi de bons psychologues : un jeune instable comme Bachmann n’était sans doute pas trop difficile à manoeuvrer. S'est on servi de lui pour commettre un deuxième meurtre spectaculaire susceptible de relancer la colère des étudiants?

Bachmann ne pourra jamais le dire. Il fut retrouvé en février 1990,asphyxié dans sa cellule,la tête serrée dans un sac en plastique.Une mort lente, douloureuse, pas facile à provoquer seul. Les cellules n’étaient-elles pas surveillées? L’a-t-on aidé?

La découverte du dossier Kurras a encouragé Marek Dutschke, le fils cadet de l’ancien leader étudiant, à évoquer l’hypothèse que son père aurait pu, lui aussi, avoir été abattu sur ordre de la Stasi, comme Benno Ohnesorg.Marek s’appuie sur une lettre que son père avait envoyée à Gretchen, sa mère, peu avant sa mort. Rudi supposait que la Stasi était derrière l’attentat qui avait failli lui coûter la vie.

Marek Dutschke donne une explication : la Stasi craignait que le socialisme anti-autoritaire propagé par son père déborde sur la RDA et y fasse des adeptes. La RDA le redoutait, mais la vérité est sans doute plus compliquée. L’effet cumulatif de ce deuxième attentat à Berlin fut dévastateur. Tenter de faire tuer l’idole de la rébellion étudiante par un faux extrémiste de droite donna un détonateur à la révolte de la jeunesse,encore balbutiante.Un an après, la Fraction armée rouge d’Ulrike Meinhof et Andreas Baader entreprenait de “venger” Ohnesorg et Dutschke.

L’ouverture du dossier Kurras a fait s’effondrer le mythe Ohnesorg. Et pour Rudi Dutschke? Il n’y aurait pas de dossier Bachmann dans les archives de la Stasi mais l’“hydre aux mille têtes” de Berlin-Est a eu six mois en 1989-1990 pour détruire les dossiers les plus compromettants (meurtres, liquidations), "les mesures actives" dans son jargon.

Jean-Paul Picaper revient sur ces affaires dans son livre Berlin-Stasi, qui sera publié le 22 octobre aux Éditions des Syrtes.

>> Source <<

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Les derniers secrets de la Stasi

Le régime communiste est-allemand s’effondra malgré sa toute-puissante Sécurité d’État (Stasi). Ses archives parlent. On y apprend comment la RDA voulait envahir Berlin-Ouest !

Une moquette marron, des rideaux beiges, quelques téléphones en Bakélite, des néons blafards, un coffrefort verdâtre, des meubles sans âge, fabriqués pour une administration peu exigeante sur le style : le bureau d’Erich Mielke (1907-2000), meublé à la mode des années 1960,n’a pas changé depuis sa fuite,en novembre 1989.

Maître redouté de la puissante Sécurité d’État est-allemande qu’il dirigea de 1957 à 1989, Mielke laissa tout sur place, dans l’urgence de l’automne 1989. Ses bibelots et souvenirs sont là :les fanions échangés entre la Stasi et le KGB, des cendriers célébrant l’amitié germanosoviétique, ses médailles et ses albums photos,qui racontent les jours heureux des chefs de la terreur communiste.

À partir de novembre 1989, Mielke et ses hommes n’eurent plus qu’une priorité : la destruction des archives les plus sensibles de la Stasi, cachées dans les sous-sols des bâtiments VIII, IX et XI de cet immense complexe administratif de Normannenstrasse, siège de la Sécurité de la RDA, à l’est de l’ancien Berlin-Est. Le bâtiment I, où siégeait Mielke, fut le centre nerveux de la répression politique.

Pendant la guerre froide, n’importe quel agent de l’Ouest aurait payé très cher pour pénétrer dans ce “quadrilatère de la terreur”, 8 hectares abritant le cerveau de la Stasi,une toile d’araignée de 91 000 salariés et 174 200 indicateurs, les fameux “IM” (Inoffizieller Mitarbeiter,informateurs non officiels) mis en scène dans la Vie des autres. Il en coûte aujourd’hui 4 euros pour visiter le sinistre 103, Ruschestrasse, l’un des sites les plus secrets et les plus redoutés de l’ancienne RDA.

La Stasi avait placé sous surveillance 4 millions d’Allemands de l’Est et 2 millions d’étrangers. Cette machine policière fut engloutie pendant l’hiver 1989- 1990 avec une partie de ses secrets.Pas tous.Depuis novembre 1990,Normannenstrasse est un mémorial et un centre de recherches où l’on classe et exploite les archives récupérées.

Entre novembre 1989 et l’invasion du siège, le 15 janvier 1990, les agents de Mielke réussirent à déménager vers Moscou les dossiers les plus sensibles. Ils en brûlèrent d’autres et passèrent à la broyeuse près de 45 millions de feuillets secrets, dont la plupart des documents concernant les IM et leurs agents actifs. Certains de ces dossiers sont tombés entre les mains des services ouest-allemands ou américains.Ils ont permis de confondre les principaux responsables :Mielke fut condamné à six ans de prison en octobre 1993,avant d’être libéré en août 1995. D’autres dossiers servent sans doute encore à “contrôler” des personnes au passé “chargé”.
Les responsables allemands sont prudents sur ce sujet. Ils jugent peutêtre que la portée de certaines révélations serait trop risquée pour la cohésion de la société allemande enfin réunifiée, d’autant plus que la police judiciaire fédérale a elle-même recruté 48 hauts responsables de la Stasi au début des années 1990.Une bonne moitié est encore en activité,dont l’un des responsables de la sécurité d’Angela Merkel.

On sait aussi que près de 17 000 anciens agents de la Stasi sont à l’heure actuelle employés dans les administrations régionales, parfois à un haut niveau, notamment dans le Brandebourg (le Land qui entoure Berlin).
Il reste encore beaucoup de documents à exploiter, comme le prouve le passionnant ouvrage que publie notre correspondant à Berlin, Jean-Paul Picaper, après des années d’enquête. Riche et précis, ce livre raconte comment l’auteur, alors professeur de sciences politiques à Berlin-Ouest, puis correspondant du Figaro, dut luimême affronter les désinformateurs et les agents infiltrés de « ce monstre tentaculaire de la guerre froide ».
Les archives de la Stasi avaient été évaluées à 260 kilomètres de dossiers. En janvier 1990, après le premier “nettoyage”,il en restait 180.Par chance, les derniers fidèles de la Stasi n’ont pas tout brûlé ou déchiqueté. Les fours n’étaient pas assez nombreux et les broyeuses n’étaient pas de bonne qualité. Beaucoup tombèrent en panne : il fallut déchirer les feuilles à la main ! Par chance encore,les agents stockèrent les débris dans de grands sacs. Ils n’eurent pas le temps de brûler ces 16 250 sacs, qui ont été récupérés. Ils contenaient près de 600millions de bouts de papier !

Leur tri avait commencé dès le début des années 1990, mais à la main. La reconstitution de ce puzzle immense pouvait durer des siècles. La Ville de Berlin d’abord, puis le Parlement allemand décidèrent alors de financer un logiciel spécial, capable de traiter des milliers d’opérations par seconde.
Près de 600 sacs ont été traités depuis 2007. On y trouve des ordres et des comptes rendus d’observation, des profils d’agent,des lettres et des notes.Le bâtiment où de paisibles fonctionnaires passaient tout le courrier aux rayons X existe encore. Ils vérifiaient près de 90 000 lettres par jour. Beaucoup étaient photocopiées. Des bordereaux indiquent que la surveillance du courrier permit de confisquer près de 132 millions de marks, envoyés par des parents et des amis de l’Ouest.

«Les premières lectures des documents reconstitués sont très instructives », a confirmé l’Office des archives de la Stasi,dirigé par Marianne Birthler, une ancienne dissidente est-allemande. Le Berlin-Stasi de Jean-Paul Picaper, riche en histoires et en anecdotes, le confirme. On y découvre toute l’importance des missions d’infiltration et de manipulation de la gauche et de l’extrême gauche européennes, notamment de la Fraction armée rouge (RAF) avec laquelle l’Est entretenait des liens très étroits.
Un dossier très important échappa à la destruction : “Kurras”. Au total, 17 classeurs et 6 000 pages,qui éclairent d’un jour nouveau l’histoire des mouvements contestataires et pourraient conduire à réviser l’histoire de la gauche occidentale, à mieux comprendre certaines campagnes de presse dans les médias occidentaux…

Karl-Heinz Kurras est ce policier berlinois de l’Ouest qui tua un étudiant, Benno Ohnesorg, dans des conditions jamais vraiment élucidées, le 2 juin 1967, en marge d’une manifestation gauchiste. Il fut relaxé, après avoir plaidé la légitime défense (mais Ohnesorg fut tué d’une balle dans la nuque, selon la méthode enseignée au KGB).Ce “meurtre fasciste”conduisit une partie de la jeunesse occidentale à se radicaliser contre les sociétés libérales et démocratiques.

Les archives ont parlé et donnent un tout autre éclairage.Kurras n’était pas une “brute fasciste”, mais un agent communiste à la solde de la Stasi. Cette “bavure”fut ordonnée par ses chefs de Berlin-Est pour provoquer le chaos à Berlin-Ouest, couper l’Ouest de sa jeunesse et clouer la RFA au pilori. Enrôlé par la Stasi en 1955, adhérent du PC est-allemand en 1962, Kurras avait même reçu une nouvelle prime de son agent traitant, trois mois avant le meurtre. Retraité à Spandau (Berlin), Kurras, 81 ans, nie tout. Mais son dossier est rouvert…

Avec tant d’autres agents infiltrés dans l’armée et la police ouest-allemandes, Kurras avait une mission précise, comme le raconte Picaper : préparer l’invasion de Berlin-Ouest, guider les troupes, saboter des installations vitales,s’emparer des points clés « dans une ville quadrillée rue par rue, maison par maison ».Précision de Picaper : « Ce “plan X” avait été consigné dans un document signé le 5 août 1985.» L’Est planifiait encore l’invasion de l’Ouest alors que Gorbatchev arrivait au pouvoir à Moscou.

« Les “autonomes” et les gens infiltrés dans tous les services importants de Berlin-Ouest » devaient semer le chaos. Moscou et la RDA avaient prévu d’installer une nouvelle administration, calquée sur les services existant à Berlin-Est. L’auteur évoque une « cinquième colonne pour ouvrir les portes de la cité au cheval de Troie », soit une avantgarde de 32 000 soldats entraînés sur le terrain de manoeuvres soviétique de Lehnin. La RDA y avait reconstitué un Berlin- Ouest miniature : aéroport, hôtels, entrées de métro, magasins, écoles. « Cette ville fantôme fut achevée en 1988 ! »

Picaper cite toutes les unités prévues pour l’attaque et leurs axes de progression dans Berlin-Ouest : «Au cours des années 1980, la section HA XXII de la Stasi avait formé des militants du PC ouest-allemand (DKP) à la lutte armée. Le DKP avait constitué avec le PC estallemand (SED) une organisation militaire commune appelée Groupe Ralf- Forster. Il se composait d’instructeurs de la NVA (l’armée),de recruteurs du SEDDKP ainsi que des cadres du DKP entraînés en RDA à des opérations militaires sur le territoire de la RFA. »

Ces plans d’invasion furent détruits en 1989 mais ils purent être reconstitués en 2004. Picaper les a lus : « Il en ressort que les membres du commando Ralf-Forster étaient préparés à commettre des meurtres et des attentats… La NVA prévoyait de poster en même temps autour de Berlin-Ouest un cordon de 4 000 soldats pour que l’opposition estallemande ne vienne pas contrecarrer ces plans. » Il était prévu 35 camps d’internement, qui devaient regrouper 26 000 détenus…
La prison de Hohenschönhausen, au 66, Genslerstrasse,devait jouer un rôle majeur. Maison centrale d’arrêt de la Sécurité d’État de 1951 à 1989, ce site secret géré par le 14e directorat était dissimulé au coeur d’une immense zone interdite, au nord-est de Berlin. Les simples citoyens ne s’en approchaient jamais.Aujourd’hui encore,malgré la douceur des tilleuls et la circulation rétablie, l’ambiance reste lourde, les miradors aussi menaçants qu’il y a vingt ans.

Obligatoirement guidée (souvent par d’anciens prisonniers), la visite de Hohenschönhausen permet de mieux comprendre l’horreur de la Stasi. La prison comptait 120 salles d’interrogatoires et 103 cellules, dont six Tigerkäfige, des “cages à tigre”… Tout près est exposé le Grottewohl Express,un wagon carcéral utilisé par la Stasi. À bord, dix-huit cellules de 1 mètre sur 1,34. Commentaire satisfait du guide : «L’Allemagne a une longue tradition de transport des prisonniers par wagons. »
Des milliers de détenus passèrent le grand portail jaune et gris de Hohenschönhausen : des condamnés ou de simples suspects, des dissidents et des religieux, des candidats à la fuite pris avant d’avoir franchi le Mur et tous ceux qui furent enlevés. Les archives ont confirmé que la Stasi tenta 376 enlèvements à l’Ouest,entre 1950 et 1989 :295 réussirent, 81 échouèrent.

Coupés du monde, jetés dans des cellules glaciales, les détenus étaient à la merci totale de la Stasi, échappant même à la loi commune de la RDA.Les plus résistants étaient torturés dans la partie construite en sous-sol par les prisonniers eux-mêmes, le sinistre U-Boot (le “sous-marin”).La Stasi relâchait parfois ses proies, pour les infiltrer comme agents doubles dans les réseaux d’opposants ou pour les “vendre” à l’Ouest.C’est ainsi que la RFA “racheta” 33 750 “Ossies”. Ces rançons rapportèrent 3,5 milliards de marks à la RDA.

Fermée définitivement le 3 octobre 1990,la prison de Hohenschönhausen a été classée monument historique puis érigée en mémorial en 1994. Ses archives ont été placées sous le contrôle de l’État. Elles sont loin d’avoir livré tous leurs secrets.

Berlin-Stasi, de Jean-Paul Picaper, Éditions des Syrtes, 512 pages, 22 €.

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Imad Eddin AL-HAMADANI
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