Un certain 11 septembre 2001

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Un certain 11 septembre 2001

Message  Imad Eddin AL-HAMADANI le Mer 30 Déc - 4:05

11 Septembre : Le Nouveau Monde cinq ans après
Philippe Gélie .
Publié le 11 septembre 2006
Actualisé le 11 septembre 2006 : 09h10
Des guerres, des lois d'exception, des prisons spéciales, un «axe du Mal» et une «campagne pour la liberté» : ce qui a changé depuis les attentats.


HUIT ANS après les attentats du 11 septembre 2001, l'Amérique a plus d'ennemis dans le monde qu'elle n'en avait avant. Qui l'aurait prédit, dans l'élan de solidarité qui a suivi le cauchemar du carnage en direct ? Des avions-missiles dans le ciel bleu de New York et de Washington, des victimes qui se jettent des fenêtres, des appels téléphoniques désespérés, des tours qui se fracassent dans un «tsunami de poussière». C'est d'abord le choc : 2 992 morts, un pays en état de siège. Puis c'est l'onde de choc, qui secoue les États-Unis et le reste de la planète jusqu'à ce jour. État des lieux.

L'AMÉRIQUE EN ALERTE Les attaques ont instantanément transformé George W. Bush de président mal élu et mal aimé en «président de guerre» voguant à 90% d'opinions favorables. Sa cote a replongé depuis sous les 40%, mais il a gagné deux élections (les législatives de 2002 et la présidentielle de 2004) et espère tripler la mise le 7 novembre prochain avec les mêmes arguments. La «guerre contre le terrorisme» est devenue le thème central de son double mandat : elle dicte la politique étrangère comme les réformes intérieures. Un gigantesque département de la Sécurité du territoire (Homeland Security) a été créé, regroupant 22 agences fédérales et quelque 185 000 employés. Il est à l'origine d'un renforcement drastique des contrôles dans les aéroports (imité partout dans le monde) et d'efforts jugés désordonnés pour protéger les ports ou les sites nucléaires. Un Centre national de l'antiterrorisme et un directeur national du renseignement ont également été institués pour coordonner l'action des seize agences d'espionnage américaines, conformément aux recommandations de la commission d'enquête sur le 11 Septembre.

UN MONDE EN NOIR ET BLANC Sur les décombres du World Trade Center, la «doctrine Bush» prend forme. Pas de distinction entre les terroristes et ceux qui les hébergent : «Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous.» Et priorité à «l'action préventive» : l'Amérique n'attendra pas la prochaine attaque, elle ira chasser l'ennemi sur ses terres. S'y ajoutent «l'axe du mal», défini en janvier 2002 (Iran, Irak, Corée du Nord), et la «campagne pour la liberté» (Freedom Agenda), destinée à encourager la démocratie partout dans le monde, en particulier au Moyen-Orient. Une stratégie ponctuée de références ambiguës à la «croisade» ou à l'«islamo-fascisme». Mais la diplomatie enregistre des résultats : le Pakistan et l'Arabie saoudite rejoignent le camp des alliés contre le terrorisme, la Libye renonce à se doter de l'arme nucléaire, le réseau de prolifération du Pakistanais A. Q. Khan. est démantelé, la Syrie cède aux pressions franco-américaines en évacuant ses troupes du Liban. L'Irak, le Liban et les Territoires palestiniens tiennent des élections libres, mais ce n'est pas la démocratie qui sort des urnes : les religieux chiites tiennent le dessus du pavé à Bagdad, le Hezbollah à Beyrouth, le Hamas à Gaza et Ahmadinejad à Téhéran.

DEUX GUERRES POUR LE PRIX D'UNE Dans le consensus international, l'Afghanistan est prestement débarrassé des talibans, même si Oussama Ben Laden court toujours et si le pays est encore loin d'être stabilisé. En mars 2003, après une crise internationale qui sera longue à cicatriser, la doctrine de l'action préventive est portée en Irak, envahi au nom des leçons du 11 Septembre et au prétexte d'armes de destruction massive qu'on ne trouvera jamais. Trois ans et demi plus tard, c'est «le principal front de la guerre antiterroriste», où 120 Irakiens sont tués chaque jour et où l'armée américaine a perdu 2 700 hommes. À court de recrues, elle a dû porter l'âge limite d'enrôlement de 37 à 42 ans. Saddam Hussein a été capturé et mis en jugement, les deux principaux chefs d'al-Qaida en Irak ont été neutralisés, des élections ont eu lieu, un gouvernement d'union nationale est en place, mais le pays reste au bord de la guerre civile et de la dislocation. Pour Bush, une défaite en Irak constituerait la vraie victoire des terroristes du 11 Septembre : il brandit le spectre d'un pays qui deviendrait l'exacte réplique de l'Afghanistan d'avant le 11 Septembre...

SÉCURITÉ CONTRE LIBERTÉS Malgré les critiques dont il est l'objet, le «président de guerre» a une réussite majeure à son actif : l'Amérique n'a pas subi d'autre attentat depuis cinq ans. C'est en partie le fruit d'une politique sécuritaire conduite au nom de la préservation des libertés. Quarante-cinq jours après les attentats, le gouvernement fait adopter le Patriot Act, une loi qui étend considérablement les pouvoirs de surveillance des autorités fédérales, durcit les règles bancaires et les lois sur l'immigration. Des programmes secrets d'écoutes téléphoniques et d'espionnage des transactions financières seront révélés plus tard. L'Administration affirme que quinze «attaques majeures» ont pu ainsi être évitées, avec la coopération internationale. Plusieurs dizaines de responsables d'al-Qaida ont été capturés et près de 800 «ennemis combattants» ont été envoyés dans la prison militaire de Guantanamo, à Cuba, un sujet de réprobation internationale à cause du régime d'exception qui y prévaut. Seuls dix détenus ont été déférés devant des tribunaux militaires jugés illégaux par la Cour suprême. Aux États-Unis, moins de 10% des suspects arrêtés ont été jugés, et condamnés en moyenne à vingt-huit jours de prison. Le seul condamné à perpétuité par un tribunal américain pour le 11 Septembre est le Français Zacarias Moussaoui.

LE PRESTIGE TERNI DE L'AMÉRIQUE Après les attentats de Madrid, Londres ou Bali, personne ne songe à nier la réalité du fléau terroriste. Mais, à la lumière du fiasco irakien et du naufrage du «nouveau Moyen-Orient» dans les affrontements entre Israël et ses voisins (palestiniens et libanais), la notion d'un changement démocratique provoqué par la force a perdu beaucoup d'adeptes. D'après un sondage Atlantic Trends, 77% des Européens et 58% des Américains désapprouvent la gestion des affaires internationales par George Bush. Guantanamo, les méthodes secrètes de la CIA, le scandale dans la prison d'Abou Ghraïb n'ont pas seulement terni l'image des États-Unis : ils ont entamé leur autorité morale. Aligné sur Israël, le «président de guerre» ne se pose plus en médiateur de paix. Dans son bras de fer sur le nucléaire, l'Iran tient tête à une Amérique affaiblie. Si ce n'est pas un effet du 11 Septembre, c'est lié à la manière dont Bush a choisi d'y répondre. Même quand l'usage de la force est nécessaire, il complique la diplomatie et légitime la violence.
Certains soutiendront que le monde a peu changé, que la globalisation se poursuit et que le tourisme international ne s'est jamais aussi bien porté. Mais l'avenir est plus sombre depuis que la fumée du World Trade Center s'est élevée sur l'horizon.



Question :
la guerre contre le terrorisme à-t-elle à un sens et est-elle menée de manière correcte ? pour moi la réponse est NON, le remède est pire que le mal et l'image de l'USA dans le monde n'a jamais été aussi mauvaise Qu'en pensez vous ?
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Imad Eddin AL-HAMADANI
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