Procès de Zacarias Moussaoui

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Procès de Zacarias Moussaoui

Message  Imad Eddin AL-HAMADANI le Mer 30 Déc - 4:31

Un article du Figaro.

http://www.lefigaro.fr/international/20060206.FIG0303.html

Procès du 11 Septembre : Moussaoui joue sa tête

Terrorisme : Le Français a reconnu sa culpabilité mais il devra se défendre face aux victimes des attentats s'il veut échapper à la peine de mort.

C'est un procès exceptionnel à tous égards qui va se mettre en place à partir d'aujourd'hui devant la Cour fédérale d'Alexandria (Virginie). Un homme y joue sa tête, le Français Zacarias Moussaoui, seule personne jugée à ce jour aux Etats-Unis pour sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre 2001. Quatre ans et demi après la pire attaque terroriste perpétrée sur le sol américain, c'est la première fois que les faits vont être débattus dans l'enceinte d'un tribunal et que les victimes y auront la parole. Cela promet de longs débats chargés en émotion, face à une personnalité complexe, dont la ligne de défense reste périlleuse.

La culpabilité de Zacarias Moussaoui, 37 ans, est acquise. Il l'a reconnue le 22 avril 2005, devant le même tribunal, en signant, contre l'avis de ses avocats, une «Déclaration de faits» : cinq pages d'aveux où il reconnaît être membre d'al-Qaida, s'être entraîné en Afghanistan, avoir eu des contacts avec Oussama Ben Laden et avoir été informé du projet de jeter des avions sur des immeubles aux Etats-Unis. Il s'est déclaré «coupable» de six chefs de «conspiration», d'acte de terrorisme à piraterie aérienne.

C'est beaucoup, mais le prévenu pense que cela ne suffit pas à le connecter directement au 11 Septembre. Celui qu'on prit d'abord pour «le 20epirate de l'air» affirme qu'il devait jeter un autre avion contre la Maison-Blanche à une autre date. La nuance n'est pas mince : elle représente les 3 000 victimes de New York et de Washington et, pour Moussaoui, la différence entre l'exécution capitale et la prison à vie.

Le procès s'ouvre aujourd'hui par la formation du jury, qui va durer un mois. Environ 500 jurés potentiels doivent défiler à partir de ce matin devant la juge fédérale Leonie Brinkema, 61 ans, une forte femme qui dirige la procédure depuis quatre ans. Elle insiste pour avoir un jury impartial. Chacun devra remplir un questionnaire de 50 pages sur sa personnalité, sa perception de l'affaire, sa position sur le terrorisme et sur la peine de mort. Un ordre de la Cour protège leur anonymat et interdit tout contact avec la presse.

Quarante-cinq survivants à la barre

A partir du 15 février, ils comparaîtront par groupe de douze pour être interrogés individuellement sur certaines de leurs réponses, jusqu'à ce que quatre-vingt-cinq d'entre eux soient «qualifiés». Ceux-là reviendront le 6 mars au tribunal pour la sélection finale : la défense et l'accusation pourront en éliminer trente chacun, sans donner de raisons. Le jury définitif sera composé de douze membres titulaires et de six remplaçants.

Les débats au fond débuteront l'après-midi du même jour et devraient durer entre un et trois mois. Ce volet de l'affaire ne porte en droit que sur la peine à infliger au coupable, mais il a en fait toutes les caractéristiques d'un procès d'assises. Le banc du procureur devra à nouveau prouver ses accusations devant les jurés à la faveur d'une procédure contradictoire. L'avocat général Robert Spencer va requérir la peine de mort et, pour rappeler l'enjeu au jury, il a l'intention d'afficher dans la salle d'audience les portraits de tous les disparus du 11 Septembre. Il souhaite aussi faire témoigner 45 survivants ou parents de victimes, sélectionnés après des entretiens avec 1 600 familles. L'argument central de l'accusation est que Zacarias Moussaoui est au minimum complice des terroristes puisqu'il connaissait leur projet et n'a rien fait pour l'empêcher, mentant aux enquêteurs après son arrestation en août 2001 dans le Minnesota.

Interrogatoires de détenus de Guantanamo

La défense, en partie assurée, de façon brouillonne, par Moussaoui lui-même, pourra s'appuyer sur des extraits d'interrogatoires de détenus de Guantanamo «filtrés» par les autorités, les demandes de comparution de ces témoins ayant été rejetées. Khalid Cheikh Mohammed, le «cerveau» des attentats, aurait notamment déclaré à ses interrogateurs que Moussaoui devait faire partie d'une «seconde vague» d'attaques. Ramzi Bin al-Shibh, le «trésorier», aurait expliqué qu'il le trouvait trop «instable» et que, s'il avait eu vent de son arrestation, il aurait annulé l'opération du 11 Septembre. Les avocats ont aussi convoqué à la barre le député de Pennsylvanie Curt Weldon : il avait révélé une opération secrète du Pentagone, «Able danger» (danger breveté), grâce à laquelle quatre des dix-neuf terroristes auraient été identifiés un an et demi avant le jour fatidique. L'élu républicain serait «enclin à coopérer», dit son cabinet.

Si Moussaoui les laisse travailler, les avocats commis d'office prévoient parallèlement d'invoquer sa fragilité mentale. La juge Brinkema, objet de ses insultes et de diatribes souvent incohérentes, l'avait mise en doute avant de le laisser finalement plaider coupable. Mais la question clé du procès sera de savoir s'il a menti au FBI, ce qui le rendrait complice de la mort de 3 000 personnes. Pour espérer sauver sa tête dans l'un des Etats les plus favorables à la peine de mort, le Français va devoir démontrer que le gouvernement américain en savait plus que lui. Des surprises sont encore possibles, mais son cas semble mal engagé.

A lire également :

Ce que la DST française a transmis au FBI

Lire l'article

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"Je ne suis pas français !": Moussaoui expulsé de son procès aux USA
2006-02-14 23:02:01
ALEXANDRIA (Etats-Unis) (AFP)


Le Français Zacarias Moussaoui, seul prévenu dans le procès aux Etats-Unis sur les attentats du 11-Septembre, a renié mardi sa nationalité, insulté les Etats-Unis et amené la juge à l'expulser, après lui avoir dit qu'il était son "pire ennemi".

L'échange n'a duré que cinq minutes. Moussaoui, encadré de deux policiers fédéraux en civil est entré dans la chambre 700 (bien 700) du tribunal fédéral d'Alexandria, près de Washington, en balayant les bancs du public d'un regard défiant.

La juge Leonie Brinkema, chargée de l'affaire, lui a alors expliqué qu'elle avait convoqué cette audience pour savoir s'il prévoyait "de rester calme et laisser ses avocats tenter d'assurer (sa) défense, pendant la phase de voir-dire", terme désignant l'interrogatoire des jurés en vue de leur sélection.

Lors d'une première journée d'audience le 6 février, Moussaoui, qui risque la peine de mort pour complicité avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001, avait dû être évacué quatre fois, après avoir pris bruyamment la parole contre ses avocats.

Mardi, à peine installé, le prévenu, vêtu d'une combinaison verte de prisonnier et coiffé d'une calotte en crochet blanc, s'est levé avec détermination, pour répondre à la juge.

"En ce qui concerne mon statut légal: Je ne suis pas français. Je ne serai jamais français !", a-t-il lancé en anglais. "Je ne comparais ici qu'en tant que musulman", puis, sans préciser à quel pays il se référait: "je ne comparais pas ici avec une nation de croisés homosexuels!".
Bien que court, l'échange avec la petite juge enrobée aux cheveux grisonnants a été dense.

Moussaoui a eu un bon mot pour chacun: son avocat Gerald Zerkin, connu pour ses positions abolitionnistes: un membre du "KKK" (Ku Klux Klan), un autre défenseur, d'origine asiatique, Alan Yamamoto: "la geisha Yamamoto".

Lancé dans un monologue difficile à interrompre, le terroriste présumé a expliqué que le 6 février il avait pu entendre les nouvelles à la radio, alors qu'il prenait sa douche, car le reste du temps, il est soumis à un "black-out complet".

"J'ai entendu que George W. Bush avait lancé une nouvelle campagne contre les terroristes". Le "gouvernement fédéral" est contre les terroristes et vous voulez que j'accepte le "fédéral Zerkin, du KKK, le fédéral MacMahon (avocat), la geisha Yamamoto ?".

Puis, plus tard: "Je suis Al-Qaïda. Je suis votre ennemi juré".
"Monsieur Moussaoui, vous être votre pire ennemi", a résumé pour sa part la magistrate, avant de prendre la décision de l'interdire d'audience jusqu'au 6 mars, date prévue pour le début des débats au fond, après la sélection des jurés.

"Que Dieu maudisse l'Amérique!". "Prenez soin de ma mort maintenant", a-t-il conclu.

A la mi-journée, après la fin de l'audience, le parlementaire américain Curt Weldon a annoncé qu'il ne témoignerait pas au procès de Moussaoui, comme le lui demandait la défense.

"Moussaoui est un voyou. Il mérite le châtiment le plus dur", a dit l'élu républicain, spécialiste d'un programme de renseignement militaire, "Able Danger", qui aurait selon lui disposé de connaissances approfondies sur Al-Qaïda et ses affidés avant le 11 septembre 2001.

Mercredi, la cour commencera, avec plus de sérénité, l'interrogatoire des quelque 500 jurés potentiels tirés au sort sur les listes électorales de l'Etat de Virginie, en vue de leur sélection pour un jury de 12 membres et six suppléants.

Moussaoui lui, ne pourra que s'énerver seul devant un poste de télévision, où une retransmission des audiences en circuit fermé lui sera diffusée, aux frais du gouvernement fédéral.

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Une dépêche de l'AFP.

L'AFP a écrit:
Le procès de Zacarias Moussaoui entre dans le vif du sujet

Lundi 06 mars 2006 - 06h40

Alexandria (AFP) - Le procès du Français Zacarias Moussaoui, le premier aux Etats-Unis en lien avec le 11-Septembre, entre lundi dans la phase destinée à fixer sa sentence, à l'issue de laquelle le jury décidera s'il doit être condamné à mort pour un mensonge.


Lundi matin, défense et accusation termineront la sélection du jury de 12 membres et six suppléants qui tranchera sur le sort du Français, âgé de 37 ans, arrêté le 16 août 2001, alors qu'il prenait des cours de pilotage à Eagan (Minnesota, nord).

Chaque partie pourra récuser 30 personnes, sans avoir à se justifier.

Une fois le jury formé, ministère public et avocats lui présenteront les théories qu'il comptent développer.

L'accusation devrait rappeler que le Français a plaidé coupable en avril 2005 de complicité avec les auteurs des attentats.

En raison de cette reconnaissance de culpabilité, le procès ne porte que sur sa peine: réclusion criminelle à perpétuité sans libération possible ou injection mortelle.
Dans un document rédigé par l'accusation qu'il a signé, Moussaoui admet 23 faits dont trois facilitent la tâche du gouvernement.

"Moussaoui connaissait le projet d'Al-Qaïda - projeter des avions contre des immeubles de prestige aux Etats-Unis - et a accepté de voyager aux Etats-Unis pour participer à cette opération", dit-il.

Lors de son arrestation pour visa périmé, "Moussaoui a menti aux agents fédéraux pour permettre à ses frères d'Al-Qaïda de mener à bien l'opération", affirme-t-on à la quatrième page. Et "il a faussement nié appartenir à une organisation terroriste et prendre des cours en vue de tuer des Américains".

C'est autour de ce mensonge et d'une construction intellectuelle que tout va se nouer: le gouvernement veut prouver que si Moussaoui avait dit la vérité, les attentats auraient pu être évités.

La défense tentera au contraire de démontrer que l'administration en savait bien plus que lui et n'aurait pas pu éviter les attentats s'il avait tout dit.

A l'issue de ces débats, le jury décidera si Moussaoui est ou non "éligible" pour la peine de mort.

Si la réponse est négative, le procès s'arrêtera et Moussaoui ira en prison à vie. Si elle est positive, une 2e phase sera consacrée à l'examen de "circonstances aggravantes", comme l'impact sur la vie des proches de victimes, ou "atténuantes", telles que l'enfance troublée de cet enfant d'immigrés marocains et son éventuelle schizophrénie.

A l'issue de cette deuxième partie, les jurés décideront s'ils le condamnent ou non a mort.

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Une dépêche de l'AFP.

L'AFP a écrit:
Moussaoui, un tueur pour le gouvernement, un bouffon pour la défense

Mardi 07 mars 2006 - 06h59

Alexandria (Etats-Unis) (AFP) - Les débats au procès de Zacarias Moussaoui se sont ouverts lundi à Alexandria, près de Washington, l'accusation promettant de prouver que le Français est un "tueur" et sa défense en faisant un bouffon qui ne mérite pas de devenir un "héros" en mourant.


Le procès qui se tient au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est) n'a d'autre but que de déterminer la peine de Moussaoui: prison à vie ou peine de mort.

Comme l'a rappelé le procureur Robert Spencer, Moussaoui, interpellé trois semaines avant les attaques du 11-Septembre, a plaidé coupable le 22 avril 2005 de complicité avec les auteurs des attentats.

Pour le gouvernement, il doit être exécuté, car il a "menti aux agents fédéraux (qui l'ont arrêté le 16 août 2001) pour permettre à ses frères d'Al-Qaïda de mener à bien l'opération destinée à projeter des avions contre des immeubles américains".

Avant de définir le personnage, le procureur a planté le décor: "Onze septembre 2001. Ciel bleu, clair et frais sur le Nord-Est des Etats-Unis", a commencé M. Spencer en regardant les 17 jurés (dix hommes, sept femmes, dont cinq suppléants).

"Dans les tours du bas Manhattan, des travailleurs s'intallent à leurs bureaux (...). Au Pentagone, militaires et civils participent à des réunions", a-t-i poursuivi. Le 11 septembre "a commencé comme une journée complètement ordinaire, avant de devenir rapidement une journée d'horreur abjecte", a encore dit M. Spencer, plongeant la salle dans un silence solennel.

Moussaoui, pendant ce temps, écoute avec arrogance, le corps légèrement penché en arrière, lissant sa longue barbe noire.

"Un des complices est parmi nous", a lancé M. Spencer. "Il a tué comme les autres. Il a menti afin que le complot puisse se dérouler (...) Il a menti et près de 3.000 personnes ont péri", a-t-il ajouté.

Selon l'accusation, des aveux de Moussaoui le 16 août 2001 auraient permis de repérer au moins 11 des 19 pirates de l'air, dont les quatre pilotes.

Edward MacMahon, avocat de la défense, lui aussi grand, brun, élégant, est ensuite entré en scène avec sa gouaille habituelle.

Il a évoqué la longue liste des alertes reçues par l'administration sur de possibles attentats à venir et les lettres d'alerte envoyées par un seul agent du FBI, Harry Samit, qui avait interrogé Moussaoui lors de son arrestation.

Le policier, qui avait compris que Moussaoui était un islamiste fondamentaliste peut-être dangereux, "a fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir un mandat de perquisition", en vain. Pour MacMahon, c'est bien la preuve que des aveux de Moussaoui n'auraient servi à rien.

Un Moussaoui qu'il a aussi décrit aussi comme un "musulman étrange et solitaire", "misérable", sans talent pour l'aviation, peu discret, voire ridicule, demandant par exemple à ses instructeurs comment on peut ouvrir la porte d'un avion à 10.000 mètres d'altitude.

"S'il vous plaît, ne faites pas de lui un héros, il ne le mérite pas", a-t-il conclu.

L'accusation a ensuite appelé son premier témoin, un agent du FBI spécialiste d'Al-Qaïda avec lequel elle a commencé un cours sur l'organisation terroriste.

Moussaoui a observé avec un léger sourire une vidéo d'Oussama ben Laden diffusée à l'audience, puis murmuré les paroles en arabe d'un chant de propagande accompagnant des images d'un camp d'entraînement.

L'audience doit reprendre mardi matin.

Le procès se déroule en deux phases. La première doit permettre de déterminer si Moussaoui est "éligible" pour la peine de mort. Si la réponse est positive, une deuxième phase sera ensuite consacrée aux circonstances atténuantes et aggravantes. Le jury décidera alors s'il le condamne ou non à la peine capitale.

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Etats-Unis: au procès de Moussaoui, un premier témoin à charge
2006-03-09 07:30:56
ALEXANDRIA (AFP)

Le Français Zacarias Moussaoui, qui plaide coupable de complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre, a été directement mis en cause par un islamiste qu'il a interrogé en novembre 2002, lors d'une téléconférence organisée par l'accusation.


L'audience au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, près de Washington) a été presque entièrement consacrée mercredi à la diffusion de l'interrogatoire filmé à Singapour, d'un membre de l'organisation affiliée à Al-Qaïda Jamaah Islamiya (JI), détenu depuis décembre 2001.

L'homme était interrogé sur place par un avocat du gouvernement et Moussaoui, qui assurait alors seul sa défense, a pu mener un contre-interrogatoire depuis Alexandria.

Faiz Abu Bakar Bafana, né à Singapour, a d'abord raconté sa rencontre en 1999 à Kuala Lumpur avec "John", qu'il a hébergé une nuit.

"John" cherchait à se procurer des produits chimiques et à prendre des cours de pilotage. "John", "la peau mate", de "grands yeux" et des "lèvres épaisses" comme Moussaoui, lui a confié qu'il avait un "rêve": "Projeter un avion sur la Maison Blanche" et qu'il fallait concentrer les attaques sur l'Amérique, s'est-il souvenu.

Puis Moussaoui a pris très au sérieux son rôle d'avocat, questionnant à son tour Bafana, pour en venir à "John", lors d'un échange qui a suscité des sourires dans l'assistance.

"Comment identifiez-vous ce John?". "Il est exactement comme vous". "Vous vous référez à moi ?". "Oui". "Etes-vous sûr?" (...) "C'est vous !" "Ce John est Moussaoui?". "Oui".

Le Français ayant plaidé coupable de complicité avec les auteurs des attentats, la portée de ce témoignage est limitée.

Zacarias Moussaoui, 37 ans, dont le procès est destiné de ce fait uniquement à fixer sa peine et qui risque l'injection mortelle, avait en outre déjà affirmé qu'il ne devait pas participer aux attentats du 11-Septembre mais à une attaque ultérieure contre la Maison Blanche.

Il a affirmé qu'Oussama ben Laden l'avait selectionné "personnellement" en lui disant "Sahraoui, souviens-toi de ton rêve".

La commission nationale d'enquête sur les attentats a aussi signalé un séjour de Moussaoui en Malaisie, à l'automne 2000 (et non en 1999 comme l'a affirmé le témoin).

Le témoignage diffusé mercredi peut cependant être utilisé par l'accusation pour convaincre le jury que Moussaoui était déterminé depuis longtemps à s'en prendre aux Etats-Unis.

Le gouvernement cherche à prouver qu'il a provoqué la mort de victimes du 11-Septembre, en mentant pour protéger ses complices lors de son arrestation trois semaines avant.

Moussaoui, qui dans un premier temps semblait habile à l'interrogatoire, a aussi tenu des propos qui lui auraient coûté cher s'il n'avait pas déjà plaidé coupable.

Ainsi, testant la crédibilité du témoin qui affirmait avoir rencontré l'un des leaders d'Al-Qaïda, il lui a demandé quel était "son signe particulier".

Le témoin est resté silencieux. "Il a un handicap à la main", a dit Moussaoui, révélant un détail que seuls des sympathisants, experts ou policiers pouvaient connaître.

En fin de journée mercredi, l'accusation a aussi interrogé Brenda Keene, une ex-responsable de l'école de pilotage Airman dans l'Oklahoma (sud), où il a pris des cours entre mars et fin mai 2001, et deux des anciens élèves.

Un des élèves, Pablo Hernandez, s'est souvenu d'un Moussaoui qui disait vouloir apprendre à piloter "un grand avion".

Aïcha el-Wafi, la mère du Français, a assisté à l'audience. Elle s'est montrée désolée lorsque ce dernier a quitté la salle en chantant presque, "Que Dieu bénisse Oussama ben Laden" et "Allah est grand".

Elle doit se rendre à New York jeudi pour une rencontre privée avec des familles de victimes, avant de retourner en France.

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Un article du Figaro.

Le Figaro a écrit:
L'accusation tente d'impliquer Moussaoui dans les attaques du 11 Septembre


Pour que Moussaoui soit «éligible» à la peine de mort, le procureur doit prouver que les actes de l'accusé ont conduit aux morts des attentats de 2001.

Vendredi 10 mars 2006

La qualité de la vidéo n'est pas très bonne mais la salle du tribunal est captivée. L'ancien trésorier d'une cellule du groupe islamique Jamaah Islamiya aujourd'hui en détention raconte avoir, en 2000, reçu en Malaisie la visite d'un «John» qui lui a demandé du matériel pour fabriquer des explosifs et de l'aide pour se payer une formation en pilotage. Surtout, l'homme lui a parlé de son rêve : écraser un avion sur la Maison-Blanche.

Curieusement, parce que la déposition a été enregistrée en novembre 2002, date à laquelle Zacarias Moussaoui débarrassé de ses avocats était encore autorisé à se défendre seul, c'est à lui qu'il incombait alors de questionner le témoin pour sa défense. «Ce John, à quoi ressemble-t-il ?» lui a-t-il demandé dans une téléconférence enregistrée. Le témoin Abu Bakar Bafana hésite un peu avant de répondre d'une petite voix. «Il vous ressemble très exactement.» Moussaoui réplique que beaucoup de gens lui ressemblent, qu'il avait dit que le John ne portait pas de barbe. En vain. Et lorsque, un peu plus tard, il l'interroge sur le rêve «de ce type, John», Bafana lui répond à la deuxième personne : «Tu m'avais dit qu'il fallait commencer par attaquer les Etats-Unis, qu'ensuite le reste du monde serait plus simple.»

Même si la défense a remis le témoignage dans son contexte – un homme en détention à Singapour interrogé par le gouvernement –, il a été utile à l'accusation qui cherche à associer Moussaoui aux attaques du 11 septembre 2001. Le Français était en prison à l'époque pour violation des termes de son visa. Depuis l'ouverture du procès, elle tente de démontrer que Moussaoui s'en est rendu complice en gardant ses informations pour lui lors de son interrogation par le FBI en août 2001. Pour qu'il soit éligible à la peine de mort, le procureur doit prouver que les actes de l'accusé ont conduit aux morts des attaques.

Complot contre la Maison-Blanche

L'équipe du procureur Rob Spencer a amorcé son attaque en offrant aux jurés un cours d'initiation à al-Qaida. Elle a ensuite demandé à James Fitzgerald, agent du FBI, de commenter un tableau récapitulatif des comportements des 19 pirates de l'air aux Etats-Unis : acquisition d'une boîte postale et d'une adresse électronique, renouvellement de passeport une fois arrivé sur le sol américain pour gommer toute trace de passage au Pakistan, cours d'arts martiaux, achat de couteaux... Autant de points qui collent aussi à la trajectoire de l'accusé. L'accusation a rappelé l'arrivée de Moussaoui à l'école de pilotage de Norman en Oklahoma en février 2001. Deux témoins se souviennent l'avoir entendu dire qu'il comptait piloter des jets.

«L'accusation doit prouver que Moussaoui en savait suffisamment sur les plans en cours», explique Andrew McCarthy, un ancien procureur fédéral qui, en 1995, a obtenu une peine de prison à vie pour Omar Abdel Rahman, un imam accusé de complots terroristes à New York. Selon lui, l'appartenance à al-Qaida rend le travail de l'accusation plus facile. «Ce réseau n'a pas de branche sociale comme d'autres groupes terroristes. En faire partie, c'est déjà presque s'engager dans un complot.» D'où la présentation par le procureur de vidéos de Ben Laden expliquant les objectifs de l'organisation. Autre argument que l'accusation pourra exploiter selon lui : Moussaoui, en plaidant coupable en avril, avait insisté s'être entraîné, non pas pour faire partie du complot du 11 Septembre, mais pour une possible future attaque contre la Maison-Blanche. «S'il parle de deuxième vague, il peut reconnaître avoir su qu'il y en avait une première en préparation.»

La défense, elle, tente de démontrer que le gouvernement américain avait suffisamment de clignotants allumés, un mois avant les attaques, pour que les mensonges ou omissions de Moussaoui n'aient pas eu de conséquence sur leur capacité à déjouer les plans du 11 Septembre.Guillemette Faure
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