Esclaves en terre d'islam

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Esclaves en terre d'islam

Message  Imad Eddin AL-HAMADANI le Mar 29 Déc - 5:17

Petit rappel historique :

Frédéric Valloire, le 21-03-2008

Ils furent deux fois plus nombreux que les esclaves des traites atlantiques. Ils venaient surtout d’Europe et d’Afrique. L’émancipation de l’esclavage aura pris un siècle et demi. Elle n’est pas achevée.

Etonnant retour des choses : l’esclavage, la traite négrière ne concernaient jusqu’alors que l’Occident et ses repentances. On avait négligé, sciemment ou pas, l’esclavage en terre d’Islam. C’est aujourd’hui un phénomène de librairie. Non pour disculper les activités européennes, mais pour explorer un champ historique sous-estimé. Il y a quinze ans, le grand islamologue Bernard Lewis notait « qu’en terre d’islam, l’esclavage reste un sujet à la fois obscur et hypersensible ».Des pionniers l’avaient défriché : Jacques Heers, dans les Négriers en terres d’islam,Olivier Pétré- Grenouilleau avec Traites négrières,qui envisageait pour la première fois le phénomène dans sa globalité, Robert C.Davies, avec Esclaves chrétiens,Maîtres musulmans, qui étudiait le trafic d’esclaves blancs en Méditerranée : 1,25 millions d’Européens de l’Ouest asservis du Maroc à la Libye de 1530 à 1780 ! La nouveauté vient désormais des auteurs et de l’articulation entre religion et esclavage.

Les auteurs ? Ils sont marocains comme Mohamed Ennaji, professeur à l’université Mohamed-V de Rabat, d’origine sénégalaise comme Tidiane N’Diaye,anthropologue et cadre à l’Insee, ou né à Skikda comme Malek Chebel anthropologue franco-algérien. L’articulation entre religion et esclavage ? C’est ce qu’examinent Guillaume Hervieux et Malek Chebel. Cette articulation constitue un fait nouveau. Avant le christianisme et l’islam, la séparation entre le maître et l’esclave se fonde sur un critère juridique : le premier est libre, le second (quelle que soit son origine) est privé de liberté, d’identité, de famille, de cité et appartient à un individu ou à une collectivité.Personne ne songe à supprimer l’esclavage, y compris les esclaves révoltés tel le fameux Spartacus.Mais que se passe-t-il si celui qui est réduit en esclavage est de la même religion que son maître ?
La Bible ne le condamne pas ; le judaïsme antique ne l’abolit pas à l’exception de certaines sectes, celle des thérapeutes, celle des esséniens, considérées comme des communautés exotiques, en marge de la société normale. Cependant, la Bible formule une distinction théorique entre l’esclave hébreu, qui ne peut être vendu à un peuple étranger,qui ne peut demeurer plus de six années esclave (sauf s’il le demande et dans ce cas on lui perce l’oreille) et que l’on ne peut ni séparer des siens ni brutaliser, et l’esclave non juif, provenant des peuples qui entourent Israël, esclave à vie, soumis à la loi mosaïque (il ne peut être tué ou estropié) et qui bénéficie du repos du septième jour.
Deux originalités dans le monde antique : l’esclave fugitif n’est pas livré à son maître, mais habite chez celui qui le recueille ; l’argent public, même destiné à la construction d’une synagogue, peut être utilisé pour racheter des captifs juifs. Des rachats qui s’intensifient aux Xe et XIe siècles à la suite de la piraterie mauresque en Méditerranée orientale. Au point de devenir un devoir religieux majeur au XIIe siècle. C’est que, parallèlement à l’esclavage qui existe à cette époque dans les pays européens chrétiens, malgré le Nouveau Testament où Paul abolit implicitement la séparation entre hommes libres et esclaves, une nouvelle forme d’esclavage à grande échelle est apparue, celle que pratiquent les pays convertis par les cavaliers de l’islam.
L’univers dans lequel le texte coranique est élaboré entre le VIIe et le Xe siècle est un monde où l’esclavage paraît un état normal,héritier direct des civilisations antiques : Mahomet luimême a des esclaves.Que le Coran pérennise cet usage traditionnel ne peut surprendre. Comme cela existait dans la tradition stoïcienne, puis chrétienne, il associe métaphoriquement l’esclavage à la situation de l’homme vis-à-vis de son Créateur ou à sa dépendance physique et morale aux plaisirs. Mais le Coran définit également dans 29 versets un statut juridique et social de l’esclave. Comme il s’inscrit dans l’ordre du monde tel que l’a voulu Dieu, cette distinction entre les êtres humains ne peut être ni condamnée, ni critiquée.
Un musulman libre ne peut être réduit en esclavage, aurait édicté le deuxième calife, Omar, sous son califat (634-644). Cela encourage très vite les musulmans à s’approvisionner en esclaves : la traite des esclaves noirs connaît son premier grand développement avec la conquête arabe de la Méditerranée. Dès le VIIe siècle, on signale une révolte des Zanjs, des esclaves noirs capturés sur les côtes de l’Afrique de l’Est qui travaillent dans de vastes domaines du sud de l’Irak. Au XVIe siècle, les corsaires barbaresques enlèvent plus de chrétiens en un seul raid sur les côtes de Sicile, des Baléares ou de Valence qu’il n’y avait d’Africains déportés chaque année dans la traite transatlantique, relative- ment peu importante il est vrai. Et jusqu’au XIXe siècle, l’esclavage reste l’une des bases essentielles du pouvoir de l’Empire ottoman : les esclaves du sultan forment l’armature de l’administration et de l’armée.
Si un esclave se trouve être musulman, il l’est soit parce qu’il s’est converti à l’islam, soit parce qu’il est né esclave. Avantage : l’esclave musulman est supérieur à l’esclave non musulman. Il peut en effet être associé à la prière collective et même la diriger, se marier à des musulmans de condition libre ou servile. De plus, il est interdit de le vendre à des non-musulmans. Dans tous les cas, le Coran recommande au maître de bien le traiter et de pourvoir à son entretien.
L’esclave ne possède aucun bien, sauf un pécule et son maître exerce une tutelle sur toutes ses activités. Sur le plan pénal, l’esclave est traité comme un individu de rang inférieur dont le témoignage n’a aucune valeur face à celui d’un homme libre. Et un musulman ne peut être condamné à mort s’il a tué un esclave. Autrement dit, le prix du sang n’est pas le même. Enfin, un enfant issu d’une esclave, concubine légale d’un musulman, naît libre. En théorie, ces dispositions sont relativement favorables à l’esclave, surtout si ce dernier est musulman. Mais jamais le Coran n’émet une condamnation de l’esclavage. Au contraire, des hadiths, le fikh (le droit musulman) et la charia (la loi de dieu) complètent et affinent ces dispositions.
Les conditions de vie de l’esclave sont des plus contrastées. Selon sa couleur, sa beauté, son âge, sa condition sociale, ses capacités, sa religion, l’époque, le pays et le lieu où il sert, son sort varie du tout au tout. Récupéré aux marges de l’Empire, il est vendu aux enchères. C’est entre les mains et sous le fouet des chasseurs et des marchands d’esclaves que ces pauvres gens souffraient le plus. Les femmes (les Circassiennes sont très appréciées pour leur beauté) et les enfants servent comme domestiques ou concubines dans les cours de Cordoue, de Constantinople ou de Bagdad. Les hommes deviennent soldats, artisans, galériens, fonctionnaires, chambellans ou sont parqués dans des bagnes abominables si leurs ravisseurs pensent qu’ils en obtiendront une rançon. Seule civilisation à avoir systématiquement prélevé des enfants pour en faire des mercenaires, les janissaires, l’Empire turc confie des armées et des provinces à des esclaves militaires, les mamelouks, qui restent néanmoins une exception.
La traite islamique aura duré treize siècles
Entre le VIIe siècle et les années 1920, plus de 21 millions de personnes auraient été victimes de la traite d’esclaves en pays d’islam. Les Turcs prélevèrent environ 4 millions d’esclaves en Europe, tandis que la seule Afrique noire se vit ponctionnée de près de 17 millions d’habitants, soit beaucoup plus que l’ensemble des traites atlantiques (11 millions). Si la traite commença au VIIe siècle dans sa partie orientale, elle connut son apogée au XIXe siècle, avec pour l’Afrique noire continentale des estimations comprises entre 4,5 et 6,2 millions de personnes. Cette importance prise par l’Afrique noire résulte en partie de la conquête par la Russie de la Crimée et du Caucase, qui ferme au monde musulman de vastes régions où depuis des siècles il se procurait des captifs.
S’ajoutent à cela l’amélioration des moyens de transport, la désertification du Sahara qui poussent les nomades à intervenir dans les affaires des paysans noirs, la demande des Indes et l’essor du coton en Égypte. Ce qui est remarquable, malgré les différences régionales, c’est la régularité des prélèvements. En outre, alors qu’au Brésil, aux États-Unis ou dans les Antilles, vivent des descendants d’esclaves, dans les pays musulmans, ces descendants sont rares, en particulier pour ceux dont les ancêtres avaient la peau noire, remarque Tidiane N’Diaye. Castrés, eunuques, ils ne pouvaient procréer.Un génocide, donc.
Mais, et c’est ce que montre Mohamed Ennaji, l’esclavage n’est pas que l’héritier d’un monde antérieur. Il imprègne toute la mentalité de l’État musulman, la conception d’un pouvoir présenté comme une image de la relation entre le maître et l’esclave. « L’histoire du monde arabe, écrit-il, est prisonnière du discours religieux et de ses représentations. » Est-ce la raison fondamentale qui expliquerait la lenteur de l’émancipation ? Amorcée en 1846 avec la Tunisie, elle s’achève en 1981 lorsque la Mauritanie promulgue l’abolition officielle de l’esclavage : un siècle et demi plus tard ! Et Malek Chebel affirme que trois millions d’esclaves vivraient encore en terre islamique…

Source : Valeurs Actuelles
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Anti-wikipedia : esclavage dans le monde musulman


Aux antipodes de wikipedia encore, ce genre de texte, que vous ne verrez jamais dans wikipedia, car considéré comme "travail personnel" (sic), donc sans intérêt, on refusera de le citer et il sera systématiquement refusé. Comme si, en sciences humaines il y avait autre chose que du travail personnel, par parenthèses ! Ecrit-on des livres à plusieurs, et qui se complètent comme les éléments d'un puzzle, dans ces domaines ?

C'est ainsi que wwikipedia censure toute pensée, et tous les travaux contemporains, systématiquement.

Ce type de travail de pensée n'a pas sa place à wikipedia, car il dit quelque chose sur un sujet, retrace une histoire, propose une analyse, parle du présent. Les analyses n'intéressent pas wikipedia. Et le présent ne doit surtout pas être pensé.

Il s'agit en l'occurrence d'un ouvrage de Malek Chebel, anthropologue, ayant reçu une formation de philosophe et psychanalyste, que je voudrais signaler à votre attention et que présente un article de la revue Hérodote dont je donne quelques extraits. Le sujet de l'esclavage en terre d'islam, a été jusqu'à présent peu étudié.

Dans cet ouvrage L'esclavage en terre d'islam (Fayard, septembre 2007), Malek Chebel étudie la pratique de l'esclavage dans le monde musulman. Il ne s'agit pas seulement des traites négrières, mais aussi des anciens trafics d'esclaves blancs et puis encore des trafics d'êtres humains qui existent encore aujourd'hui dans de nombreux pays.

Il faut savoir que l'esclavage, selon la tradition, n'est pas interdit par l'islam. Le Coran, évoque de nombreuses fois l'esclavage, sans le condamner.

«Le Coran n'étant pas contraignant, l'abolition relève de la seule initiative personnelle du maître. Cette ambiguïté est constitutive de l'approche coranique : encourager ceux qui font le bien, mais ne pas alourdir la peine de ceux qui ne font rien», écrit Malek Chebel.

Dans l'histoire, très tôt cependant, l'esclavage des musulmans sera interdit.

Malek Chebel rappelle que le calife Omar (VII° siècle) met en place une législation qui interdit de soumettre un musulman en esclavage. En conséquence cela va porter les musulmans à chercher des esclaves dans d'autres pays, non musulmans, soit en Afrique noire et en Europe orientale.

L'esclavage devient alors un fait musulman à part entière, comme il l'a été ailleurs dans l'Antiquité. «Nulle part on ne trouve contre lui d'opposition ou de réprobation», précise Malek Chebel qui rappelle aussi la réalité, à savoir que tous les grands propriétaires musulmans, y compris les plus grands intellectuels de l'islam, ont été de grands propriétaires d'esclaves.

Le monde musulman, très vaste, n'est pas homogène et l'esclavage y subsiste de manière variable selon les régions. Malek Chebel relève la persistance de l'esclavage aujourd'hui, dans les différents pays musulmans. Il apparaît que les pays d'Asie extrême-orientale en sont à peu près exceptés, tandis que l'esclavage demeure dans les pays musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient.

Ainsi voit-on par exemple, que le phénomène est mal connu mais pourtant bien réel : l'esclavage persiste encore de nos jours en Iran, en Arabie saoudite, en Libye, au Tchad, au Niger, au Mali, en Mauritanie etc.

Hérodote : "sur la côte sud de l'Iran subsiste une communauté issue des anciens esclaves noirs qui parle arabe, pratique le sunnisme et entretient des coutumes d'origine africaine. En Arabie, malgré la répétition des édits abolitionnistes, l'esclavage perdure de fait, avec une relative discrétion. Il concerne des ressortissants africains, sans parler des travailleurs asiatiques dont le sort est proche de la servitude.

L'esclavage demeure présent aussi dans les régions sahariennes (Libye, Niger, Tchad, Mali,...) sans qu'on puisse en chiffrer l'importance. Cédant à la pression des ONG, un chef targui du Niger, Amrissal Ag Amdague, a accepté le 10 mars 2005 de libérer 7.000 esclaves coutumiers contre espèces sonnantes et trébuchantes ! En Mauritanie, l'esclavage des Noirs (Harratine) par les Bédouins est une réalité prégnante dont l'auteur a lui-même pris la mesure lors de ses voyages..."

La question de l'esclavage a conservé toute son actualité.

[article d'André Larané ; revue Hérodote présentation visible ici ]

Pour l' histoire des traites négrières, en complément, on pourra voir l'excellent ouvrage de référence d'Olivier Pétré-Grenouilleau : Traites négrières.

Je ne résiste pas au plaisir de vous renvoyer à l'article Malek Chebel de wikipedia et précisément par ce lien qui vous indiquera la comparaison à faire entre deux versions à un an 1/2 d'écart, qui permettent de voir ce que l'on supprime à wikipedia et qui permet de mesurer ainsi ce que valent les corrections sur ce media censé s'améliorer. On peut comparer deux versions du texte, de mai 2006 et de septembre 2007 et voir ce qui a été censuré entre-temps.

Alithia

La revue Hérodote, revue d'histoire rédigée par des historiens, propose en ligne de nombreux dossiers sur de nombreuses questions d'histoire, que l'on trouve ici. Plutôt que s'abêtir en lisant wikipedia ou subir ses articles de propagande, particulièrement nombreux et remarquables en histoire.... autant aller lire les historiens.

note : à notre wikipedien qui défend les suppressions opérées sur l'article Malek Chebel de wkpd, j'apporte les précisions suivantes :

Vous aurez du mal à faire admettre que retirer les mentions " islamologue savant" et "philosophe de formation ", soit une amélioration . Tout le passage :
" islamologue savant, considéré en France comme un des meilleurs connaisseurs de l'Islam. Il est philosophe de formation."
=retiré

De même que retirer qu'il oeuvre en faveur d'une modernisation de l'islam dans le sens politique du mot, soit une amélioration :
"les aspects positifs de la modernité politique, soit les Droits de l'Homme en tant que protecteurs des individus, et les valeurs de tolérance et de liberté qui ont permis aussi l'advenue de la laïcité en Europe par la séparation du politique et du théologique et de la religion"
=retiré

De même que retirer :
"Malek Chebel a pris des positions fortes pour prôner un Islam moderne quand il parle dans différentes interviews réalisées pour la presse. Qu'il s'agisse du voile qui est, d'après lui, un sujet « secondaire », - ce qui ne l'empêche pas de qualifier cette revendication comme une « régression » -, qu'il s'agisse encore du besoin de traiter les problèmes entre les hommes par les hommes eux mêmes, et non par le recours à la religion , au nom de Dieu, ou en invoquant le nom de Dieu."

Vous aurez du mal à faire admettre que ce soit une amélioration

Vous aurez du mal à faire admettre que retirer en outre la référence à un de ses ouvrages, tout simplement, soit le ''Manifeste pour un Islam des lumières'' est une amélioration et n'est pas une censure grosssière et particulièrement stupide .

"Le ''Manifeste pour un Islam des lumières'' avance 27 propositions pour une réforme de l'islam. S'inspirant des Lumières, Chebel fait de la raison et de la laïcité les moteurs du progrès culturel, social et politique. Ses deux premières propositions posent les principes de la réforme: une nouvelle interprétation des textes sacrés et la suprématie de la raison sur la foi. Il écarte toutefois l'athéisme, remarquant que "rien de très important ne se fait en dehors du cadre de la religion"
= passage retiré encore

et tout le reste à l'avenant

C'est pas gros, c'est énorme !

Et la bibliographie, parlons-en la référence au site Memri qui traduit les articles de journaux de la presse arabe (objectif donc, et purement informatif) [http://memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=IA27306 Enquêtes et analyses - No. 273 Le réformateur franco-algérien Malek Chebel : 27 propositions pour réformer l'islam], est remplacée par la référence au site pro-islamiste tendance Tarik Ramadan oumma, qui évidemment critique Malek Chebel le défenseur d'un islam libéral.

Grossse amélioration et très neutre certainement !

Vous aurez du mal à faire admettre que :

1- c'est intelligent : je prétends que c'est d'abord, bête
2- c'est donner plus d'informations
3- c'est éclairant sur la personne et son oeuvre
4- et que ça n'est pas une censure, tout sauf neutre , et en + typique de wkpd, qui censure tout ce qui concerne l'islam libéral

Voilà au contraire un très bel exemple d'esprit partisan et obscurantiste (: qui cache la réalité), exemple parfait qui donne une très exacte idée de ce qu'est la soi-disant neutralité de wkpd et également de sa censure.
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Imad Eddin AL-HAMADANI
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